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[…] l’on peut adiouster que les chalumeaux de paille sont tres simples, & qu’il n’y a nul instrument plus rural ou champestre, ny que soit plus aysé à faire, si ce n’est qu’on leur prefere les cornes de bœuf & de belier, ou des autres animaux, dont ie parleray dans le discours que des Cors de chasse. Ie laisse plusieurs sons que produisent les vents à la rencontre des rochers & des autres corps […] ils ne peuuent seruir à la musique, encore qu’il puisse arriuer qu’ils fassent toutes les parties d’vn concert par le moyen de plusieurs trous […] de sorte que l’on peut se tromper en s’imaginant que la douce confusion des sons que l’on oyt pres des bois, des forests, des rochers, des cauernes, &c. vienne de quelque musique esloignée.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst ,5, 2, p227

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Il n’est pas necessaire d’auertir les Musiciens, & les Poëtes qu’il n’y a qu’vn seul Dieu […] & il n’y a nulle apparence que les Sages de l’antiquité ayent entendu autre chose par ce nom que la nature vniverselle, ou celuy qui le premier a monstré l’vsage que les roseaux, & les chalumeaux peuuent auoir dans la musique.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst ,5, 3, p227-228

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Ie laisse les differentes explications que l’on donne à la fable de Pan, & que l’on peut voir chez Noël le Conte, Bacon & les autres, parce qu’il suffit de sçauoir que l’instrument dont nous parlons peut auoir tant de de differens tuyaux que l’on voudra, comme l’Orgue […] quoy que ie l’aye composé de douze tuyaux, afin de luy donner l’estenduë d’vne Douziesme, comme l’on void aux notes de musique : de sorte que l’on peut choisir les huict premiers pour l’Octaue, ou les neuf pour les neuf Muses, &c.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst ,5, 3, p228

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Quant aux douze notes qui sont sur les six regles, elles monstrent le ton, ou le son de chaque tuyau ; & les trois clefs de la musique, dont la premiere s’appelle de Nature, la seconde de [C2] quarre, & de l’autre de b mol, enseignent qu’il faut les entonner auec ces notes ut, re, mi, fa, sol, re mi fa, re, mi, fa, sol, qui respondent a ces nombres harmoniques, [EXEMPLE].

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst ,5, 3, p229

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[…] on ne peut continuer [à la lfûte à trois trous] le sol iusques à l’Octaue, & l’on est contraint de passer tout d’vn saut à la Quinte en haut, afin de prendre l’Octaue de la premiere note, qui a son Octaue en haut, lors que l’on recommence à boucher les trous, & que l’on renforce le vent : ce qu’il faut remarquer d’autant plus soigneusement que la mesme chose arriue à plusieurs autres instrumens à vent, comme au Flageollet & aux Flustes, qui montent à l’Octaue, & quelquefois à la Quinziesme, & à la Vingt-deuxiesme, selon que l’on augmente le vent ; de sorte qu’il se rencontre des hommes qui font l’estenduë d’vne Vingt-deuxiesme sur la [p232] Fluste à trois trous […] C'est chose asseurée on peut faire toutes les parties de la musique auec plusieurs Flustes à trois trous, comme auec les autres, quoy que ces concerts ne soient pas en vsage, c’est pourquoy ie n’en donne point d’exemples.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst ,5, 5, 231-232

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[...] l’on void que l’on peut vser des notes de la musique pour marquer les tons, l’estenduë, & les chansons du Flageollet, d’autant qu’elles seruent de tablature vniverselle pour toutes sortes d’instrumens, comme i’ay monstré dans le liure precedent. [p233]Or les deux premieres lignes contiennent la tablature du Flageollet par Béquarre, & les deux dernieres par b mol : mais les quinzes dernieres notes, & les quinze rangs des autres caracteres qui leur respondent, suffisent pour expliquer la dite tablature, & l’estenduë de cet instrument, qui consiste dans vne Quinziesme, qui est contenuë par les quinze notes, encore que i’aye mis les dix precedentes, afin d’observer la pratique de ceux qui enseignent à ïouer du Flageollet, qui commencent par le G re sol en touchant seulement les trois derniers trous six, cinq & quatre, & en laissant les trois autres ouuerts trois, deux & vn ; & qui mettent les deux dieses que l’on void à la premiere ligne des notes, pour signifier qu’elles se chantent par béquarre, encore qu’elles soient superfluës pour ceux qui entendent la pratique des notes, dans laquelle la seule absence du b mol signifie le béquarre.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst ,5, 6, p232-233

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[…] encore que chaque trou [du flageolet] ne fasse qu’un ton, & que le Flageollet n’ayt aussi qu’un ton quand tous ses trous sont bouchez, & qu’il monte à l’Octave, quand on pousse le vent plus fort, sans qu’il passe par les intervalles du milieu, neantmoins je fais tous les sons de l’Hexachorde, à savoir ut, re, mi, fa, sol, la, sans deboucher aucun trou, soit que la pate soit ouverte ou bouchée, comme on l’experimentera, pourvu que l’on pousse premierement le vent tres foiblement, & qu’il s’augmente toujours peu à peu jusques à ce que le Flageollet fasse son ton naturel & ordinaire, c'est-à-dire ledit la : quoy que ces sons ne puissent servir à la musique, à raison de leur foiblesse & de leur inconstance, car ils ressemblent aux bruits que l’on oyt dedans de l’oreille.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst ,5, 7, p235

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Expliquer le Diapason des Trompettes, c'est à dire les differentes grandeurs qu'elles doiuent auoir pour faire les quatres parties de musique, & toutes sortes de Concerts : & la figure & l'vsage de la Sourdine.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst 5, 17, p 259

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Encore que tous les instrumens de musique puissent estre appellez à vent, puis qu'il n'est pas possible de faire des sons sans le mouuement de l'air, qui est vne espece de vent, neantmoins l'on a coustume de donner ce nom à ceux que l'on embouche, ou que l'on fait sonner auec des soufflets, afin de les distinguer d'auec ceux qui vsent de chordes, ou que l'on bat comme le Tambour.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, 5, 1, p 225

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La Trompette est l'vn des plus anciens instrumens de musique, comme il est aysé de conclure par celles qui seruoient aux Prestres des Iuifs [...] Mais on les fait ordinairement de laton, c'est à dire de cuiure meslé auec de la calamine, dont ie parleray dans le liure des Cloches; quoy que l'on puisse les faire de fer, d'estain, de bois, &c. Or le laton est tres propre pour cela, tant à raison de sa dureté & de sa fermeté, que de la facilité qu'il y a de le battre & de l'estendre à coups de marteau, & de ce qu'il dure tres longtemps, & qu'il couste fort peu à l'esgard de l'or & de l'argent, dont ceux-là peuuent se seruir pour faire des Trompettes, qui font faire des Luths de cette mesme matiere.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, 5, 11, p 247-248

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[...] ces Flustes font le petit ieu, comme celles qui suiuront après font le grand ieu, mais elle se peuuent toutes accorder ensemble, comme font les grands et petits ieux des Orgues. Quant à leur estenduë & leur tablature qui suit tant par [C1] que par [C2], elle n'est pas plus difficile que celle du Flageollet, car chaque petite ligne perpendiculaire, qui tombe sur les lignes de musique, monstre les trous qu'il faut boucher pour faire les sons representez par les notes qui sont vis à vis : & les zero ou les lettres O signifient les trous debouchez, & quand ils sont pochez ou noirs, il les faut boucher. Ie donneray seulement vn ou deux exemples pour faire entendre cette pratique, dont le premier sert pour l'VT, ou pour le RE de G re sol vt, que l'on fait en bouchant les quatre premiers trous & le septiesme, & en ouurant les autres. Et pour faire le FA qui est plus haut d'vne Quarte, l'on bouche seulement le premier, le troisiesme & le septiesme : comme pour faire le SOL qui suit, l'on bouche seulement le troisiesme & le septiesme trou.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, 5, 8, p 238

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Quant à l'estenduë & à la tablature de cette Fluste, qui peut seruir pour le Fifre, qui luy est entierement semblable, ie l'ay mise par des cercles blancs & noirs, afin de retenir celle qui est en vsage, ce qui n'empeche nullement que l'on ne la puisse marquer auec les petites lignes de la tablature de la Fluste à neuf trous, ou de telle maniere que l'on voudra. Or i'ay mis chaque rond vis à vis de chaque trou, afin que l'on sçache les trous qu'il faut boucher ou deboucher pour faire les sons marquez par les notes qui sont dessus, dont chacune respond à chaque rang de cercles, qui monstrent que tous les trous estant bouchez elle fait la plus basse note, à sçauoir l'VT de G re sol vt, & le RE qui suit en debouchant le sixiesme trou, & ainsi des autres iusques au 19. son, qui se fait en ouurant seulement le troisiesme trou, car elle a vne Dix-neuviesme d'estenduë, comme l'on void par les notes de la musique.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, 5, 9, p 241-242

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C'est le propre instrument des Suisses, & des autres qui battent le Tambour, quoy que les vns le sonnent d'vne façon & les autres d'vne autre, suiuant les differentes coustumes & les differentes tablatures que l'oreille & l 'vsage peuuent suppleer. Mais l'on ne fait pas ordinairement toutes les parties de musique auec les Fifres, comme auec les Flustes d'Allemand, que l'on met au ton de chapelle pour faire des concerts : & parce que l'on ne peut faire de Basse assez longue pour descendre assez bas, l'on vse de la Sacquebute, ou du Serpent, ou de quelqu'autre Basse pour suppleer, car si la Fluste d'Allemand estoit assez longue pour faire cette partie, les mains ne pourroient pas aysément s'estendre iusques aux derniers trous, tandis qu'on l'emboucheroit; quoy que l'on puisse suppleer ce defaut dans les Basses de la dite Fluste par plusieurs clefs, en les rompant ou redoublant, comme l'on fait aux Bassons [...]

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, 5, 9, p 243

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L’Epinette tient le premier, ou le second lieu entre les Instrumens qui sont harmonieux, c’est à dire qui expriment plusieurs sons ensembles, & qui chantent plusieurs parties, & font diuerses consonances. & Si l’on juge de la dignité des Instrumens de musique par les mesmes raisons que l’on jugeroit de la bonté des voix, sans doute on la preferera au Luth, qui est son Competiteur; mais la commodité du Luth, sa bonne grace, & sa douceur luy ont donné l’auantage.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 1, p101

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[...] pour parler comme il faut de l’Epinette, nous deuons considerer sa matiere, sa figure, ses parties, ses cordes, ses sons, son harmonie & son vsage tant ez (sic) concerts, que lors qu’elle est consideree toute seule, ce que nous ferons succinctement, & la plus clairement qu’il nous sera possible.
Quant à la Matiere, il faut considerer trois choses aux instrumens à chordes, & comme les anatomistes diuisent le corps humain en la teste, au thorax & aux membres, dont la teste est le siege de la raison, & le domicile des sens, & le thorax est le lieu des parties vitales, aussi peut-on diuiser toute sorte d’instrumens de musique en corps, en table & en manche, comme font les ouuriers.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 1, p101

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Or ce que l’on appelle le Clauier de l’Epinette, est composé de plusieurs morceaux de bois longs & plats par le bout, qui sont arrangez selon l’ordre des tons & des demy tons de musique, & se meuuent de haut en bas entrants dans le corps de l’Epinette; & sur l’extremité du bout, qui est caché au dedans, il y a vn autre petit morceau de bois qui sert à toucher les chordes, & qui se nomme sautereau, à cause de son vsage, car il saute quand on iouë de l’Epinette.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 1, p103

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Quant au clauier, il a esté ainsi nommé à cause qu’il contient toutes les clefs de la musique : mais il est difficile de l’expliquer, & malaisé à comprendre à ceux qui n’en ont point veu, c’est pourquoy i’en donneray la figure dans les Propositions qui suiuent.Or l’on donne telle figure que l’on veut à l’Epinette, car il en arriue de mesme qu’aux horloges scioteriques, ou au soleil, que l’on peut tracer & descrire de telle figure que l’on veut, sans preiudicier aux heures que l’on y a marquees.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 1, p103

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Quant à celles[les cordes] d’or & d’argent, il n’est pas necessaire de les employer aux instrumens, d’autant que celles de leton ne leur cedent en rien, & qu’elles montent plus haut.Le nombre de chordes est esgal au nombre de touches, de sorte que si l’on augmente les vnes, il faut aussi augmenter les autres:par exemple, Si l’on fait vne Epinette iuste, qui ayt toutes les consonances, & les dissonances en leur perfection, il faut 73 chordes, afin que chaque octaue en ait 19 comme nous monstrerons en expliquant les clauiers de l’Epinette, & au traicté de l’orgue parfait, où nous ferons voir qu’il faut 97 chordes sur l’Epinette, & autant de tuyaux sur l’orgue pour ioüer à toutes sortes de tons, toutes sortes de pieces de musique, & pour vser du genre chromatic & enarmonic.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 1, p104

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Puis il faut tellement diviser les Quintes en Tierces maieures & mineures, que les maieures soient un peu affoiblies, & les mineures un peu plus fortes que ne desire leur iustesse: & ces 10 ou 12 touches estant d’accord l’on doit mettre les autres à leurs octaues: mais il faut expliquer plus particulierement de quelle methode l’on doit user pour accorder cet instrument bien vite & iustement, ce que les ioüeurs estiment vn grand secret de l’art.Car puisque nous traictons les sciences liberalement, nous ne deuons rien oublier de ce qui peut seruir à la perfection de la musique. C’est pourquoy nous apporterons la maniere la plus iuste, & la plus prompte de toutes celles qui ont esté experimentees jusque à maintenant en expliquant la figure de l’Epinette.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 1, p105

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Les Allemands sont pour l’ordinaire plus inuentifs & ingenieux dans les Mecaniques que les autres Nations, & particulierement ils reüssissent mieux à l’inuention des Instrumens de musique: ce que ie peux confirmer par la maniere qu’ils ont treuuve depuis quelques temps, pour faire ouyr des ieux entiers de Violes sur les clauecins, quoy qu’vn seul homme touche le clauier, comme celuy d’vne autre Epinette.Mais ils n’ont nul besoin d’un archet, d’autant qu’ils mettent quatre ou cinq rouës paralleles aux touches, quoy que plus hautes que les touches: or on presse les chordes si peu que l’on veut sur les dites rouës, qui font durer le son aussi long-temps que le doigt demeure sur la touche, & qui le renforcent ou l’affoiblissent selon qu’on presse la touche plus ou moins fort.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 1, p106

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Busbeque Ambassadeur à Constantinople pour Ferdinand Roy des Romains, recite vne chose tres-remarquable sur ce sujet […] ayant recogneu que les chordes de ses Machines estoient trop longues d’vn poulce, les arrosa d’eau, laquelle les feist accourcir. Quant à la tension, l’on en peut iuger en deux façons, premierement par le son, car si la chorde d’vn instrument de musique monte plus haut d’vne Quarte, elle enseignera de combien sa tension s’est augmentée, c’est à dire que la tension de la chorde en temps humide sera à la tension de la mesme chorde en temps sec, comme 16 est à 9, car il faut que les tensions, & les forces qui font les tensions, soient doublées des simples raisons que gardent les interualles harmoniques.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 11, p131

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L’experience fait voir que les chordes qui sont trop longues, ou trop courte ne font point de ton sensible, ou qu’il n’est pas agreable si elles en font; par exemple, si l’on estend vne chorde de Luth de 12 pieds de long, elle ne peut faire de son dont l’oreille puisse iuger, c’est pourquoy ceux qui font les instrumens de musique les proportionnent à la longueur & à la grosseur des chordes.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 12, p134

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Mais il faut remarquer que la premiere colomne, qui est à la marge, sert de conduite aux 8 suiuantes, dont les nombres qui representent les retours, ou battements des chordes, sont en mesme raison que ceux de ladite colomne; quant à la premiere colomne des retours, elle comprend la plus basse Octaue, & la huictiesme contient la plus aigu. Or chaque Octaue a 19 chordes, notes ou caracteres, d’autant qu’on ne peut marquer la musique à plusieurs parties sans se seruir de ce nombre de chaque Octaue […]

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 17, p 141

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Par dessus lesquels ceux-cy ont le priuilège de monstrer tous les retours de chaque chorde, & tous les battements d’air, dont se forment les sons & la musique, & consequemment ils font plus propres pour expliquer la nature de l’Harmonie, que nuls autres nombres.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 17, p 142-143

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Tablature des retours ou mouuemens que font les chordes, ou les voix qui chantent l’air d’Anthoine Boësset Intendant de la musique de la chambre du Roy, & de la Reyne.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 17, p 143

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Corollaire II. L’on peut tirer de l’vtilité de ces tremblements, & particulierement la comparaison des mouuements du cœur & du poux, & de plusieurs autres choses naturelles auec lesdits tremblemens; or l’on peut considerer de combien chaque partie de musique doit faire plus ou moins de retours l’vne que l’autre pour rendre vn concert parfait; […] car toute la musique n’est autre chose que l’addition, ou lasoubtraction desdits retours, ou des battements de l’air […]

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 17, p 144

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Corollaire III. Il y a de l’apparence que ceux qui prennent plaisir à esleuer leur esprit à Dieu, & qui desirent de luy offrir autant de mouuemens de leur amour & d’actes d’adoration, comme les chordes des instrumens qu’ils oyent, font des retours, ne diront pas la cognoissance du nombre des battements d’air soit inutile […] & que ceux qui auront assez de iugement pour considerer que la musique n’est autre chose que le nombre des differens battements de l’air, & que le son, à proprement parler, n’est rien, si l’oreille ne luy donne la nature du son, & qu’il seroit plus veritable de dire que nous sentons des mouuements d’air, que de dire que nous oyons des sons, aduoüront franchement qu’il n’est pas possible d’auoir vne parfaite cognoissance de la musique […]

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 17, p 144

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D’où il s’ensuit que l’on sçaura combien de fois l’air est battu par chaque chorde en regardant cette table, car si l’on veut cognoistre le nombre de battements de chaque chorde de l’vne des Octaues, par exemple de la Cinquiesme, qui monstre le nombre des retours, il faut prendre les nombres de la 6 Octaue, qui sont doubles de ceux de la 5, d’autant que i’ay desia dit que chaque periode de la chorde est composée du tour & retour […] Or puis que les nombres de ces 8. colomnes suiuent, ou contiennent les raisons des degrez de la musique, l’on en peut vser pour composer telle piece que l’on voudra […]

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 17, p141

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Tous les Musiciens du monde feront chanter vne mesme piece de musique selon l’intention du Compositeur, c’est à dire au ton qu’il veut qu’elle se chante, pourueu qu’ils cognoissent la nature du son. Vne nouvelle maniere de marquer, & de battre la Mesure est icy expliquée.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 18, p 147

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Proposition XVIII. Tous les Musiciens du monde feront chanter vne mesme piece de musique selon l’intention du Compositeur, c’est à dire au ton qu’il veut qu’elle se chante, pourueu qu’ils cognoissent la nature du son. Vne nouvelle maniere de marquer, & de battre la Mesure est icy expliquée.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 18, p147

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Cette proposition [XVIII] est l'vne des plus belles de la musique pratique, car si l'on envoyoit vne piece de musique de Paris à Constantinople, en Perse, à la Chine, ou autre part, encore que ceux qui entendent les notes, & qui sçauent la composition ordinaire, la puissent faire chanter en gardant la mesure, neantmoins ils ne peuuent sçauoir à quel ton chaque partie doit commencer, c'est à dire combien la premiere, ou les autres notes de la Basse doiuent estre graues ou aiguës, d'autant que si les Chinois, par exemple, ont la voix plus graue & plus basse que les François, ils commenceront chaque partie plus bas que nous ne faisons, & s'ils l'ont plus aiguë ils commenceront plus haut.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 18, p147

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Ie sçay que l'on peut aduertir au commencement de la piece de musique qu'elle doit estre chantée au ton de Chapelle, ou plus haut ou plus bas d'vn demy ton, &c. Mais plusieurs ne sçauent que c'est le ton de Chapelle, & il est trop difficile de transporter vn tuyau d'Orgue, ou quelqu'autre instrument, & bien qu'on l'enuoyast en telle façon qu'il ne perdist nullement sa forme, il parleroit plus haut ou plus bas selon le vent que l'on luy peut donner, & consequemment l'on n'auroit pas vne entiere certitude du graue & de l'aigu du son. Or le Compositeur donnera vn signe certain & uniuersel du ton, auquel il desire que l'on chante sa musique, ou telle autre qu'il voudra, s'il met vis à vis de l'vne des notes de la Basse, ou des autres parties, le no[m]bre des battemens de l'air qui fait le son; par exemple, s'il met 96 vis à vis de la premiere note de l'air du Sieur Boësset […] tous ceux qui sçauront la nature du son, ou la maniere dont il se fait, chanteront la musique, proposée selon son intention, ou celle de quelqu’autre Compositeur, & chaque partie prendra le ton suiuant leur desir.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 18, p147

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L'on peut […] conclure […] que le nombre des retours estant marqué vis à vis de chaque note, tous les hommes du monde commenceront & chanteront la mesme piece de musique au mesme ton, & que si tost qu'ils verront 50 à la marge du papier, dans lequel le vers precedent sera escrit, ils le chanteront en mesme ton que moy. Où il faut remarquer que ces nombres de tremblemens peuuent seruir au lieu des notes, ou de la Tablature ordinaire de voix & des instrumens.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 18, p149

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Corollaire III. Puis que i’ay montré la maniere de chanter toute sorte de musique au mesme ton que le Compositeur desire qu’elle soit chantée en tous lieux du monde, il faut encore expliquer comme l’on peut garder la mesme mesure suiuant l’intention du mesme Compositeur, quoy qu’il soit mort ou absent. Ce qui est très aysé par le moyen d'vne chorde suspenduë […] car il suffit que le Compositeur ou le Maistre de musique marque la longueur de la chorde à la marge de la composition, dont chaque retour monstre le temps de la mesure. Par exemple, s'il veut que chaque mesure dure seulement vne seconde, il marquera 3qui signifie que la chorde penduë à vn clou […] fait ses allées, ou chaque retour dans vne seco[n]de minute.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 18, p149

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Corollaire IIII. L'on peut encore marquer la mesure, selon laquelle on veut faire chanter la musique, par les battemens ou les tremblemens des chordes, dont on vse pour representer le ton; par exemple si l'on veut que chaque mesure dure de minute, c'est à dire 2 secondes, & que le ton de la premiere note soit 50, il faut seulement marquer 100 à costé de la musique, pour signifier que la [p150] mesure dure cent tremblemens de la chorde […]

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 18, p149-150

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Expliquer la figure de l’Epinette, & la science du Clauier tant parfaict, qu’imparfaict, & quel il doit estre pour ioüer toutes sortes de compositions de musique dans leur parfaicte iustesse, sans vser du temperament.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 2, p107

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L’on peut encore rapporter à nostre temps l’inuention des tambours ou barillets, dont on vse pour faire ioüer plusieurs pieces de musique sur les Epinettes sans l’industrie de la main, car les Allemands sont si ingénieux qu’il font ioüer plus de 50 pieces differentes par le moyen de plusieurs ressorts, qui font mesme dancer des balets à plusieurs figures qui sautent & se meuuent à la cadence des chansons, sans qu’il soit besoin de toucher l’instrument, apres auoir bandé ses ressorts.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 21, p160

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[…] ie ne doute pas que l’on puisse remplir vne ville toute entiere de musique, de sorte qu’il n’y aura nulle maison qui n’ayt son harmonie, lors qu’on laschera quelque ressort, dont ie parleray peut-estre dans le liure des Orgues. L’on a semblablement inuenté des roüets harmoniques pour filer & deuider le fil, qui chantent ou se taisent quand on veut; & chaque artisan peut mesler la musique dans ses ouurages par le moyen des roües, des maniuelles, des pignons, des lanternes & de plusieurs sortes de ressorts, qui composent les Automates, que chacun nomme comme il luy plaist, par exemple Mador & Angelique.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 21, p160

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Proposition XXIII. Expliquer la Tablature du Clauecin, & tout ce qui luy appartient.
L’on peut vser des lettres de la tablature du Luth, & des autres instrumens du second liure pour celle de l’Epinette, puis que tous ces instrumens diuisent l’Octaue en douze demy-tons, mais puis que l’on a coustume d’vser des notes ordinaires de la musique, tant pour le Clauecin que pour l’Orgue, ie ne veux pas changer cette pratique, quoy que ceux qui n’ont point apris la musique se puissent seruir de nombres, ou de lettres, car puis [p163] qu’il y a 50 marches dans le Clauecin, chaque nombre signifiera chaque marche, par exemple 40 representera le son de la 40, & ainsi des autres. […]

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 23, p162-163

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[…] la piece de musique qui suit a esté composée par le Roy, & mise en tablature d’Epinette par Monsieur de la Barre Organiste & ioüeur d’Epinette du Roy & de la Reyne, dont le beau toucher peut seruir d’exemple & de regle à ceux qui desirent acquerir la perfection de cet instrument, dont on peut conclure l’excellence par cette composition, dans laquelle il y a plusieurs mesures à 32, & à 64 notes: c’est pourquoy i’vse de triples & quadruples crochuës pour marquer la grande vistesse de la main qui touche souuent 32, ou 64 notes ou touches du clauier dans le temps d’vne mesure, comme i’ay souuent experimenté, c’est pourquoy ie donne icy le temps de cette mesure qui dure vn peu moins qu’vne seconde minute […] de sorte que l’autheur de cette tablature touche souuent 32 notes, & quelquefois 64 dans le temps d'un battement de coeur, ou de poux […]

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 23, p163

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Ce qu’il faut aussi entendre de tous les autres instrumens dont nous auons parlé [épinette, clavecin][…] quoy qu’il en soit ie donne icy la piece de musique à quatre dont i’ay desia parlé, afin que l’on voye vne partie de ce que peut faire l’Epinette touchée des plus excellens maistres; elle peut semblablement estre iouëe sur la Harpe, puis qu’elle n’est qu’vne Epinette renuersée, c’est pourquoy ie ne donnerai point d’exemple pour cet instrument […] parce que le clauier de l’Orgue n’est pas different de celuy du Clauecin, il n’y a pas nul doute que les Organistes la peuuent toucher, quoy qu’il y ayt de certaines particularités au toucher de l’Orgue qui ne sont pas à celuy de l’Epinette, comme ie dirai dans vn liure particulier, dans lequel ie donneray vn autre exemple pour monstrer ce que peut faire l’Orgue, & ce qui lui est propre.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 23, p164

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[…] il y a 29 chordes dans ce premier rang [de cordes de la harpe], lesquelles font 4 Octaues entieres, comme celles de l’Epinette; de sorte que l’on peut dire que la Harpe est vne Epinette renuersée, à laquelle l’on peut accommoder vn clauier semblable à celuy du Clauecin, afin de la faire seruir d’Epinette, comme font quelques Italiens, qui la nomment Graue-cymbale, & d’imiter l’Epigone d’Ambraciotte […] dont Vincent Galilée donne les figures […] dans ses Dialogues de la musique.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 24, p170

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Sa tablature ordinaire [celle de la harpe] n’est pas differente de notes de musique, quoy que l’on puisse vser du nombre de ses chordes pour ce suiet: par exemple, l ‘on peut marquer l’Octaue par I ou 13, la Quinte par I & 6, &c. d’auant que la premiere chorde fait l’Octaue auec la 13, & la Quinte auec la 6, & parce qu’il y a 49 chordes, à sçauoir celles de deux premiers rangs, qui toutes ont leurs sons differents, il faut vser de 49 nombres, dont chacun signifiera tousiours sa propre chorde. Or l’on peut commencer par la plus courte, que l’on appelle chanterelle, & finir par la plus longue A K, qui sert de bourdon, & de Proslambanomene, comme parlent les Grecs, afin de suiure l’ordre que l’on garde aux autres instrumens; quoy que l’on puisse semblablement commencer à conter 1, 2, 3, &c. par la plus grosse chorde, comme font les Italiens, puis qu’elle sert de base & de fondement aux autres chordes, comme l’vnité des nombres.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 24, p171

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[…] l’on peut conclure que cette Harpe peut seruir pour apprendre vne bonne partie de la musique des Grecs, & de celles des Modernes. Ie laisse la Harpe antique grauée au bas de celle-cy […] mais l’on peut icy considerer les notes ou caracteres des nouueaux Grecs. I’adiouste encore que l’on fait les Harpes de telle grandeur que l’on veut, par exemple de quatre ou cinq pieds; & que le Luth a par-dessus elle qu’il est plus portatif, mais en recompense l’on touche vn plus grand nombre de parties sur la Harpe que sur le Luth.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 24, p171

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Il faut seulement remarquer que le ton n’est pas consonance, comme il suppose pour trouuer son septenaire dans les consonances, car il est l’vne des dissonances de la musique: il eust deu mettre l’vnisson, au lieu du ton […]

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 25, p172

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Ceux qui desirent sçauoir les notes de plusieurs instrumens & de leurs inuenteurs, peuuent lire le traité que Plutarque a fait de la musique, Athenée, Pollux, & tous les Autheurs anciens, & attendre le traité particulier qu'en a fait le Sieur Saumaise. Quant aux parties de ces instrumens anciens d, h, l & I est le travers, qui est lié aux branches, ou aux cornes f, g, n, o, & qui tient les cheuilles h, l, dont on bande les chordes. La coquille sert de table, laquelle est droite dans la figure h, i, pres de laquelle on void le Plectrum des anciens, lequel n’est autre chose qu’vn baston dont ils frappoient les chordes, comme l’on fait maintenant au Psalterion, duquel ie donneray la figure & l’vsage.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 25, p172

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Quant à sa fabrique & à sa matiere [psaltérion] elle n’est pas differente de celle de l’Epinette […] Mais l’on peut faire le Psalterion double ou triple, par le moyen de trois ou plusieurs cheualets trauersans, afin de sonner les trois genres de musique sur vn mesme instrument, il peut aussi seruir pour apprendre à chanter & à entonner iuste. On le [psaltérion] peut toucher auec tant d’industrie & d’adresse, qu’il ne donnera pas moins de plaisir que les autres instrumens.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 26, p174 bis

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Quant à la Tablature [du psaltérion] on la peut marquer par les notes de la musique, ou par les lettres de la main harmonique, A, B, C &c. ou par les nombres dont se seruent quelques-vns en chantant un, deux, trois, quatre, cinq, &c. au lieu d’ut, re, mi, fa, sol, &c. de sorte que les treize premiers nombres peuuent seruir à tous les chants, dont cet instrument est capable pourueu que l’on sçache le son de chaque chorde, l’vnité seruira au plus graue, le binaire au second, le ternaire au troisiesme, & ainsi des autres iusque au treiziesme qui signifie le son le plus aigu.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 26, p174 bis

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Il est bien aysé de marquer toutes les Dissonances, puis qu’elles se trouuent en tous les endroits que ie n’ay pas mis. Mais puis qu’il y a tant de touches ou de lettres qui n’ont pas toutes les Consonances, & que la Quarte ou la Quinte, ou l’vne des Tierces & des Sextes manquent si souuent, il est euident que ce Clauier n’est pas assez parfait, & qu’il y faut encore adiouster de nouuelles touches, si l’on veut pratiquer le genre Diatonic en sa perfection.Comme il arriuera si l’on vse du Clauier, ou de l’Octaue qui a dix-neuf marches, dont i’ay expliqué l’vsage dans les discours que i’ay fait des trois genres de musique: c’est pourquoy ie n’en parle pas icy, & l’on peut voir ce que i’en dis dans le Liure des Orgues.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 5, 119

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Proposition IX. A scauoir si l’on peut cognoistre la grosseur d’vne chorde d’instrument de musique sans en faire comparaison auec d’autres chordes.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, III, 3, 9, p127

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Car encore que l’on iouë plusieurs parties ensemble sur le Luth & sur l’Epinette, & consequemment que ces instrumens soient plus harmonieux[que le violon], neanmoins ceux qui iugent de l’excellence de la musique, & de ses instrumens par la beauté, & par l’excellence des airs & des chansons, ont des raisons assez puissantes pour maintenir qu’il [le violon] est le plus excellent […] il faut expliquer la figure des Violons, dont le moindre se nomme la Poche, à raison qu’il est si petit que les Violons qui enseignent à danser, le portent dans leurs poches [la poche = le violon]. Cet instrument est composé de trois parties, comme les autres instrumens, à sçauoir de la table L E, du manche D B, & du corps, dont on void seulement le costé M D. Il a souuent les trois ouuertures […] qui a la figure d’vn cœur, & les deux ouuertures G F s’appellent les ouyes. Le dessus du manche D B, sur lequel les chordes sont estenduës, est nommé la Touche: I H represente le cheualet, qu’il faut s’imaginer releué & posé à plomb sur la table. K L signifie la queuë qui est faite d’vn morceau de bois, auquel les chordes sont attachées du costé K; elle est attachée & arrestée au bouton M: les autres l’appellent le Tirant.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, IV, 1, p177-178

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Quant à la grosseur & à la longueur des chordes, elles doiuent suiure celles des Violons, & les raisons de l’harmonie: par exemple, celles du Dessus doiuent estre huict fois moindres que celles de [p180] la Basse, lors qu’elles montent plus haut de trois Octaues, si l’on desire que la musique soit parfaite, encore que ceux qui ioüent de cet instrument n’obseruent pas ces grandeurs si exactement, & que les Facteurs ne fassent pas les tables, les corps, & les manches en mesme raison que les sons qu’ils veulent tirer, […] neantmoins s’ils en veulent prendre la peine, il n’est pas si difficile que l’on ne puisse le pratiquer, car si la plus grosse chorde de la Hautecontre est plus basse d’vne Quinte que celle du Dessus, il faut que ces quatre chordes soient sesquialteres de celle du Dessus tant en longueur qu’en grosseur, c’est à dire qu’elle ayent trois pieds de long, si celle du Dessus ont deux pieds; & si la plus grosse de la Taille descend plus bas d’vne Octaue que celle du Dessus, elles doiuent auoir toutes leurs dimensions doubles de celles du Dessus. Finalement si la plus grosse chorde de la Basse est à la Douziesme, ou à la Quinziesme du Dessus, elle doit auoir ses chordes trois ou quatre fois plus grosses & plus longues. Mais i’ay fait vn discours particulier de la raison de toutes sortes de chordes dans le traité de l’Epinette, où l’on void la iuste proportion de leurs grandeurs.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, IV, 1, p179-180

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Quant à la Tablature des Violons & des Violes, elle n’est pas differente des notes ordinaires de la musique, encore que ceux qui n’en sçauent pas la valeur, puissent vser des nombres […] & pour escrire des tablatures particulieres, comme sont celles du Luth, & de la Guiterre: quoy que les notes vaillent mieux que les lettres, d’autant qu’elles marquent les sons, la valeur des mesures, & toutes sortes de temps, & qu’elles sont plus vniverselles dans l’Europe.[…] si l’on veut quitter les noms, dont les anciens ont exprimé leurs modes, à sçauoir Dorien, Phrygien, Lydien, l’Ionien & les autres […] l’on peut appeler le Ton, ou le mode du Violon, le mode gay & ioyeux, comme celuy de la Viole & de la Lyre, le mode triste & languissant; celuy du Luth, le mode prudent & modeste; celuy de la Trompette, le ton hardy & guerrier, & ainsi des autres suiuant la proprieté de chaque instrument.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, IV, 1, p180

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Il faut encore remarquer que le Violon est capable de tous les genres & de toutes les espèces de musique, & que l’on peut ioüer l’Enharmonic, & chaque espèce de Diatonic, & de Chromatic dessus, parce qu’il n’est borné d’aucunes touches, & qu’il contient toutes les interualles imaginables, qui sont en puissance sur son manche, lequel est semblable à la premiere matiere capable de toutes sortes de formes & de figures, n’y ayant nul point sur la touche du Violon qui ne fasse un son particulier: d’où il faut conclure qu’elle contient vne infinité de sons differens, comme la chorde, ou la ligne contient vne infinité de points, & consequemment qu’elle peut estre appellée Harmonie vniuerselle. Or ie veux icy expliquer la maniere d’en ioüer en perfection, afin de ioindre la Pratique à la Théorie, & que ceux qui desirent toucher cet instrument sans l’ayde d’aucun Maistre, puissent faire tout ce qu’il leur plaira dessus ses quatre chordes.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, IV, 1, p180-181

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Quant à disposition de cette figure [de la vièle], si on la regarde du costé D T en voyant les lettres selon leur disposition ordinaire, on la verra de la mesme facon dont ceux qui en iouënt la tiennent & l'enuisagent, car ils mettent le bras gauche dessouz, afin de pousser les marches de la main gauche, & faire tels interualles qu'ils veulent par le mouuement des doigts, tandis que la main droite torne la maniuelle, & consequemment la rouë qui fait sonner les chordes, auxquelles on attache de petits morceaux, ou flocons de cotton vis à vis de la rouë, afin d'adoucir son frayement & ses sons. Mais parce que la main gauche ne peut faire les gentillesses du manche des Violes sur le clauier de la Vielle, elle est priuée de plusieurs beautez, dont elle seroit capable, si l'on pouuoit suppleer tous les tremblemens, & les coups rauissans de l'archet par quelque industrie, que plusieurs ont recherchée en collant vn escheueau de crin de cheual, ou de soye cruë, ou filée sur la rouë, & en faisant des archets mobiles, ou immobiles de plusieurs façons, mais l'on a peu suppleer les mouuemens de la sçauante main de ceux qui charment les oreilles par les instrumens à manches touchez, & non touchez [...] La tablature de la Vielle n'est pas differente de celle de la musique, quoy que l'on en puisse inuenter vne autre propre pour les aueugles, puis que l'on peut leur enseigner à lire & à écrire [...]

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, IV, 10, p214

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Expliquer la maniere de ioüer du Violon, & de mettre chaque doigt sur les endroits de la touche pour ioüer toutes sortes de pieces de musique tant pas B mol que par B carre.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, IV, 2, p181

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Le second doigt la [la 3ème corde du violon] fait monter iusques à F vt fa, c’est à dire d’vn demy-ton; & si on l’auance vers le cheualet, il fait la diese de F. Le troisiesme doigt fait ledit G re sol, que l’on appelle la Clef, de sorte que nous auons desia fait monter le Violon d’vne octaue entiere, en faisant tous les tons de la Diationique, & tous les demy-tons de la Chomatique, afin que l’on puisse ioüer toutes sortes de musique tant par nature, que par b mol, & par [C2deuxième] quarre. Or si l’on auance ce mesme doigt vers le cheualet, on fera la Diese de G re sol, c’est à dire qu’on la fera monter d’vn demy-ton plus haut que G re sol. Par exemple, s’il y a vn fa en A mi la re, qui se trouue à vuide sur la seconde chorde, il faut mettre la 4. doigt sur la 3, ou auancer la diese du G re sol au lieu du fa d’A la mire.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, IV, 2, p181-182

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Ie laisse vne infinité d’autres remarques qui appartiennent à cet instrument, par exemple, que l’on peut sonner vne Courante, & plusieurs autres pieces de musique auec vn seul coup d’archet [de violon]: que l’on peut flatter les chordes de 8, de 16, ou de 32 coups de doigt dans l’espace d’vne mesure qu’il faut mettre les trois doigts de la main gauche, c’est à dire l’index, celuy du milieu, & l’annulaire si pres de la chorde que l’on veut toucher, qu’il ne s’en faille qu’vne demie ligne qu’ils n’y touchent, afin que ce petit esloignement n’empesche point la vistesse du toucher & des tremblemens.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, IV, 3, p183-184

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Expliquer la figure & l’estenduë de toutes les parties des Violons, & la maniere d’en faire des Concerts, & les pieces de musique propres pour se suiet.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, IV, 4, p184

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Mais auant que de mettre la piece de musique (1, 2, 3, 4) , il faut considerer que l’on doit tousiours tirer l’archet en bas sur la premiere note de la mesure, & qu’il faut le pousser en haut que la note qui suit, par exemple si la mesure est de 8 crochuës, on tire l’archet en bas sur la premiere & la 3, 5, & 7; lequel on pousse en haut sur la 2, 4, 6, & 8; de sorte qu’il se tire tousiours que la premiere note de chaque mesure composée d’vn nombre pair de notes, mais si elle est composée d’vn nombre impair, comme il arriue quand il y a quelque point apres l’vne des notes, l’on tire l’archet en haut sur la premiere note de la mesure qui suit, afin de le tirer encore sur la premiere note de la 3. mesure, ce qu’il faut semblablement dire de toutes les autres notes & mesures.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, IV, 4, p185

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[…] ceux qui ne sçauent pas la musique par notes, la marquent par lettres, comme nous auons dit dans le second liure en parlant de la tablature du Luth, & des autres instrumens. […] auant que de donner la figure de la Viole, dont on vse maintenant, ie donne la figure de celle dont on se seruoit deuant, laquelle n’auoit que cinq chordes, dont le nom se void sur la touche du manche pres du fillet, à sçauoir Chanterelle, Seconde, Tierce, Quarte & Bourdon.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, IV, 5, p191-190

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L’on peut encore marquer cette tablature sans regles & sans note, par les nombres en les mettant vis à vis des lettres qui representent chaque chorde, par exemple la tablature precedente sera ainsi marquée (tableau) ; de sorte que les chansons & les pieces de musique peuuent exprmiées un peu d’espace, quoy qu’il est necessaire de marquer les temps de chaque nombre ou lettre, soit par notes, ou autrement.Certes si les instrumens sont prisez à proportion qu’ils imitent mieux la voix, & si de tous les artifices on estime d’auantage celuy qui represente mieux le naturel, il semble que l’on ne doit pas refuser le prix de la Viole, qui contrefait la voix en toutes ses modulations, & mesme en ses accents les plus significatifs de tristesse & de ioye: car l’archet qui rend l’effet dont nous auons parlé, a son trait aussi long à peu prez que l’haleine ordinaire d’vne voix […]de mesme que les tremblemens & les flatteries de la main gauche, que l’on appelle la main du manche, en representent naïsuement le port & les charmes.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, IV, 5, p195

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Expliquer la capacité des Violes dans les Concerts, la diuision & la science de leurs manches, & les pieces de musique qui se peuuent ioüer dessus, & la maniere de les accorder pour en faire des Concerts.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, IV, 7, p198

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Encore que les Violes soient capables de toutes sortes de musique, & que les exemples que i’ay donné pour le concert des Violons leur puissent seruir, neantmoins elles demandent des pieces plus tristes & plus graues, & dont la mesure soit plus longue & plus tardiues, de là vient qu’elles sont plus propres pour accompagner les voix. […] l’on peut ioüer toutes sortes de pieces non seulement à cinq parties, comme l’on fait ordinairement sur les Violons, mais à six, à sept, à douze, & à tout autant de parties que l’on veut; ce qui peut semblablement estre executé par tous les autres instrumens, qui ont assez d’estenduë. Mais il suffit de mettre icy le commencement d’vne Composition à six parties (1, 2), laquelle a deux Dessus, deux Basses, vne Taille & vne Haute-contre. […] il faut remarquer que les Anglois ioüent ordinairement leurs pieces vn ton plus bas que les François, afin d’en rendre l’harmonie plus douce & plus charmante, & consequemment que leur sixiesme chorde à vuide fait le C sol au lieu que la nostre fait le D re sol […]; d’où il s’en suit qu’ils marquent plusieurs b mols & diese, dont nous n’vsons pas ordinairement.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, IV, 7, p198-199

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[…] si l’on prend la difference de ces treize nombres, l’on aura les douze autres nombres qui sont à la main droite, afin de les grauer sur les compas de proportion, & de marquer les touches sur le manche de la Viole, & des autres instrumens auec vne seule ouuerture de compas […] ou les douze points du compas, qu’il faudra transporter que le manche que l’on veut diuiser, & parce que l’on ne met ordinairement que neuf touches […] 7072 marquera cette touche […] Or cette table a cinq colomnes, dont la premiere à gauche contient les lettres, & les lignes ordinaires des douze demy-tons de l’Octaue, qui commence par le D de D la re sol, quoy que l’on puisse commencer par telle autre lettre de la main harmonique que l’on voudra. La seconde colomne contient les lettres de la tablature dont on vse en France pour exprimer la musique des instrumens […] la 3. a les 13 nombres qui representent aussi les touches […]La 4. colomne contient les differences des nombres de la 3, & monstrent les endroits où il faut poser les touches. Et la 5. colomne monstre les lettres qui seruent dans la tablature pour exprimer les touche.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, IV, 7, p199

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[…] auant que d’acheuer l’explication de cette [p200] ligne harmonique, ie veux donner l’exemple que i’ay promis à six parties (1, 2) , pour monstrer ce que l’on peut ioüer sur les Violes: où il faut remarquer que la Basse-Taille se peut appeler premiere Basse, & que la musique a esté composée par vn excellent ioüeur de Viole Anglois de Nation.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, IV, 7, p199-200

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Quant à la Haute-contre, son accord est seulement different de celuy des autres parties, en ce que la 3 & 4 chorde font la Quarte à l’ouuert, & que la 4 & la 5 sont la Tierce maieure à vuide, ou la Quinte, lors qu’on touche le d de la 4. or l’on a coustume d’accorder les quatre parties de la Viole considerées ensemble, sur l’A mi la re, qui se prend sur la seconde chorde tant du Dessus que de la Basse, sur laquelle l’on regle ordinairement toutes les Violes, parce qu’elle sert de fondement à toute la musique: mais l’a la mi re du Dessus est à l’Octaue de celuy de la Basse. […] i’explique le manche de la Viole, dont les six chordes sont representées par les six lignes qui vont de droit à gauche, dont chacune respond aux notes ou syllabes de six dictions qui sont au commencement vis à vis de chaque chorde, lors qu’elle est touchée à vuide […][…] ce qui est signifié par A, d’autant que dans la tablature des lettres on marque le son de chaque chorde à vuide par la lettre a, comme […] dans le second liure […] du Luth, auquel on peut appliquer ce que nous disons icy du manche de la Viole, parce que son manche & son accord, ordinaire sont entierement semblables à celuy de la Viole […]

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, IV, 7, p202-203

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[…] si l’on veut accorder la Viole par Vnissons, il faut toucher l’F des plus grosses, & celles qui suiuent vers la chanterelle à vuide. Quant aux dieses qui sont sur quelques touches, elles signifient les demy-tons, & representent les feintes de l’Epinette & de l’Orgue, ce que i’ay voulu adiouster en faueur de ceux qui ayment le concert des Violes.[…] si l’on veut apprendre aux enfans à chanter tous les demy-tons de la Viole, l’on peut vser de l’eschelle que i’ay expliquée dans la pratique de la musique, comme ie monstre icy en l’accomodant icy à l’estenduë du Dessus, & de la Basse de Viole, ausquelles sert le manche precedent, sur lequel l’Octaue est diuisée en treize sons, c’est pourquoy il faut vser de treize syllabes ou voix differentes: ce que ie fais en commençant par le D re, qui marque le premier son de la sixiesme chorde à vuide. (schéma d’une échelle harmonique).

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, IV, 7, p203-204

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[…] encore que l’on vse rarement de cette espece de Lyre en France, neantmoins parce qu’elle est excellente auec la voix, & qu’il n’y a peut-estre nul instrument qui represente si bien la musique d’Orphée & de l’antiquité, ie mets icy l’accord dont vse le Baillif, tant par notes que par vne particuliere tablature à lettres (1, 2) , afin qu’vn chacun le comprenne. Il faut donc premierement remarquer que la Lyre est montée de douze chordes differentes, dont les trois plus grosses ont chacune vne compagne à l’Octaue en haut: mais ie ne parleray pas icy de ces compagnes, afin que l’on entende mieux l’accord qui suit, dont la premiere note d’en bas signifie la douziesme chor[p207]de à vuide; la seconde note signifie l‘onziesme, & ainsi des autres iusques à la douziesme, c’est à dire la chanterelle, que ie marque icy de l’vnité parce que nous la contons la premiere. D’où il est d’aysé de comprendre que cet accord est different de celuy qui est au bas de la figure, en ce qu’il finit par la Quarte, & l’autre par la Quinte: mais cettuy-cy a vne quinte de la 4 à la 5 chorde qui suit l’autre Quinte, laquelle est dans l’vn & l’autre accord de la 3 à la 4 chorde: de sorte qu’il faudroit oster la derniere Quinte du premier accord, & la transporter au commencement, & consequemment il faudroit changer vn ou deux nombres de l’accord que i’ay marqué par nombres, comme l’on void à ceux que i’ay mis souz chaque note de l’accord.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, IV, 8, p206-207

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Il semble qu'Aristote a cogneu cette experience, lors qu'il a fait la question pourquoy le son graue contient l'aigu dans le 8. probleme de la 19. Section, pourquoy il devient plus aigu en finissant, dans l'onziesme mais il faut remarquer qu'il n'a pas sceu que la chorde frappée, & sonnée à vuide fait du moins cinq sons differens en mesme temps, dont le premier est le son naturel de la chorde, qui sert de fondement aux autres, & auquel on a seulement esgard pour le chant & pour les parties de la musique, d'autant que les autres sont si foibles qu'il n'y a que les meilleures oreilles qui les entendent aysément. Or il faut choisir vn grand silence pour les apperceuoir, encore qu'il ne soit plus necessaire quant on y a l'oreille accousyumée : & si les Musiciens ne peuuent les ouyr aussi tost qu'ils touchent quelque chorde d'vn Luth, d'vne Viole, ou d'vn autre instrument, comme il arriue à plusieurs ioüeurs de Luth, qui sont tellement preuenus & preoccupez des sons naturels de la chorde, qu'il y a (ce semble) plus de lieu dans leur sens commun, ou dans leur imagination pour receuoir l'idée ou l'espece de ces petits sons delicats il faut qu'ils ayent patience, ou qu'ils prennent vne Basse de Viole, dont ils touchent la 6, 5, ou 4. chorde la nuit, & qu'ils se rendent grandement attentifs, car il est difficile qu'ils la touchent delicatement auec l'archet, qu'ils n'entendent plusieurs sons en mesme temps.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Inst, IV, 9, p208

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Il est à propos de parler de cette difficulté, [détermination de la raison de 2 à 1] puis que nous essayons de rapporter la raison de tout ce qui se rencontre dans la musique, dont le Diapason est l'vne des plus excellentes parties, que les Grecs ont appelle diapason, parce qu'il comprend toutes les simples Consonances et les Dissonances

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Mhu, Cons I, p39

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[…] de tous les autres noms que l'on peut donner à l'Octaue celuy [diapason] des Grecs est l'vn des plus propres, & puis il est déjà receu, car l'on sçait que le Diapasonsignifie l'Octaue, ou l'accord qui contient tous les simples interualles de la musique, comme le nombre denaire contient tous les nombres ; car ceux que l'on ajoûte à dix ne sont que répétitions des autres nombres qui le précèdent, comme les sons que l'on ajoute à l'Octaue ne sont que les répétitions de ceux qui la précèdent.
L'Octaue peut donc estre appellee Diapason , puis que cette diction Grecque signifie par tous, dautant que l'Octaue comprend tous les sons, comme la lumiere toutes les couleurs […] ; car si la lumière produit toutes les couleurs par les différentes diuisions ou conjonctions de ses rayons […], l'Octaue produit aussi toutes les Consonances & les Dissonances par ses différentes diuisions.[…] L'Octaue peut donc estre nommée Diapason , puis que nous iugeons de toute la musique par l'Octave, comme nous iugeons d'vn bastiment entier par son fondement, & que l'on peut restablir la musique par sa seule connoissance comme tout l'edifice par celle de son fondement. Et puis les Facteurs d'Orgues & d'Epinettes règlent tout leur clauier sur vne mesme Octaue, qu'ils prennent ordinairement vers le milieu, comme ie diray en parlant de l'industrie dont il faut vser pour accorder l'Orgue & l'Epinette.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Mhu, Cons, I, p42

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Cette difficulté [ de savoir si les moindres raisons prennent leur origine des plus grandes ou bien le contraire] n'est pas la moindre de la musique,car il y en a qui tiennent que les plus grandes raisons, par exemple les multiples dépendent & prennent leur origine des moindres, c'est a dire des surpaticulieres [sic), ou surpartientes, & consequemment que l'Octaue dépend de la Quinte & de la Quarte, comme la raison double de la sesquialtere & de la sesquitierce, quoy que plusieurs autres soient de contraire aduis.Or ceux-là se fondent premierement sur ce que les plus grandes raisons & Consonances sont semblables aux grands nombres qui sont composez des moindres, & qui dependent de l'vnite: De là vient que le nom des Consonances est pris des nombres dont elles sont composees; c'est pourquoy il semble que l'vnite doiue leur seruir de mesure commune, car les Tierces, la Quarte & la Quinte sont ainsi appellees à raison de leurs trois, quatre.ou cinq sons : & puis les petits interualles sont deuant les plus grands, comme l'vnité est deuant les nombres.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Mhu, Cons, I, 8, p34

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L'on peut se servir des Sons de chaque instrument de musique, & des differens mouuemens que l'on leur donne pour discourir de toutes sortes de sujets, & pour enseigner & apprendre les sciences. Cette proposition est excellente, car elle enseigne la maniere de discourir de toutes choses en ioüant des instrumens, encore que celuy qui les touche, ou qui en oyt ioüer soit muet, car l'on peut discourir auec vn autre en ioüant de l'Orgue, de la Trompette, de la Viole, de la Fleute, du Luth & des autres instrumens, sans que nul puisse entendre le discours, que celuy qui sçait le secret; ce qui se peut pratiquer en plusieurs manieres. En premier lieu si le ioüeur d'instrumens, & l'auditeur se servent d'une tablature qui contienne toutes les lettres de l'alphabet: car chaque Son exprimera chaque lettre; par exemple, les trois notes, ou les trois voix qui se treuuent dans G, re, sol, vt, pourront seruir pour ces trois lettres R, S, V, &c, & l'auditeur ayant son luth, ou sa tablature deuant les yeux verra clairement les dictions que formera le ioüeur auec les Sons de son instrument, auquel il pourra responfre en ioüant d'vn autre instrument.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Sons, I, 22, p39

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Ces 24 changements monstrent que l'on peut faire vingt-quatre chants differents auec quatre chordes d'vne Epinette, quatre tuyaux d'Orgue, ou autres quatre Sons sans repeter deux fois vn mesme Son; la Quinte donne six vingt chants tous differents: la Sexte maieure ou mineure 720: la Septieme 5040. & l'Octave 40320: d'où il s'ensuit que l'on peut faire des harangues entieres auec la seule Quarte sur le Luth, sur l'Orgue, sur les Cloches, sur la Trompette, &c. qu'avec l'Octave l'on peut exprimer tous les characteres des Chinois, pourueu qu'ils ne surpassent pas le nombre de quarante mille trois cens vingt: & que celuy qui cognoistroit toutes les especes des plantes, des animaux […] pourroit les exprimer & enseigner toutes les sciences auec toutes sortes d'instruments de musique. %iFig. 1 Alphabet Harmonique%.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Sons, I, 22, p41

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PROPOSITON XV
Que l'on peut chanter la musique Chromatique, & l'Enarmonique, & faire le ton maieur & le mineur & mesme le comma en tous lieux où l'on voudra.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Voix, I, 15, p16

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[…] si l'on suit les sons de l'Instrument, ou du système parfait, & particulierement ceux de l'orgue, qui contient les trois genres de musique, l'on chantera tous les interualles de la Chromatique & de l'Enarmonique; & lors que l'on aura accoutumé la voix à tous ces interualles elle les chantera aussi aisément que ceux de la Diatonique. Il faut dire la mesme chose des interualles qui sont dans les especes des trois genres; car il n'y a point d'interualles ausquels la voix humaine ne puisse s'accomoder, pourueu qu'ils ne passent pas sa portée & son estenduë. Et si les Praticiens prennente la peine d'instruire quelques enfans auec l'Orgue diuisé en ces interualles, ils auront le contentement de faire chanter l'Enharmonique. L'on peut aussi contraindre les Chantres de faire lesdits interualles, pourueu qu'ils veüillent chanter ce qu'ils sçauent; car si l'on prend le mesme chant plus haut ou plus bas qu'eux d'vne diese Enharmonique, l'on entendra tousiours cette diese.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Voix, I, 15, p16

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Ce qui est des-agreable dans la parole, ou le discours, ne peut venir de nulle autre cause que des syllables que l'on fait trop longues ou trop courtes, & trop graues ou trop aiguës; comme l'on experimente en ceux qui traisnent trop quelques parties de certaines dictions, ou qui se precipitent en prononçant; or la musique qui traite de la valeur des notes, & de toutes sortes de temps, enseigne quant & quant le temps qu'il faut employer sur chaque syllabe, & consequemment quelle proportion doit garder le temps de chaque syllabe, donnee auec le temps de toutes les autres[…]

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Voix, I, 20 p29

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Proposition XX
L'on peut apprendre à bien parler & à bien prononcer par le moyen de la musique.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Voix, I, 20, p28

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Puisque la parole consiste à battre l'air, & que l'on parle bien lors que l'on accentüe, & que l'on prononce les dictions comme il faut, il n'est pas mal-aisé de comprendre comme la musique peut seruir à bien parler, car elle traicte des accents, & nous ferons voir dans la 47 Proposition, que le Musicien parfait peut inuenter la meilleure langue de toutes les possibles, & qu'il la peut faire parler en perfection.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Voix, I, 20, p28

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PROPOSITION XXXV
Determiner quels sont les vices & les imperfections de la voix; & si l'on peut faire chanter la musique à une voix mauvaise & inflexible.
[…] [p44] Iosquin a fait voir qu'vne voix inflexible & mauuaise peut chanter sa partie, car ayant promis à Louys XII, dont il estoit Musicien, de luy faire chanter sa partie, quoy qu'il eust la voix discordante, & très–mauuaise, il fit une composition à quatre parties, & fit aduoüer au Roy qu'il pouuoit chanter en musique. Il faut néanmoins remarquer qu'il est necessaire que la voix tienne ferme sur un ton ou sur une chorde, & qu'elle soit constante; car si elle varie tellement qu'elle n'ait nul arrest, il n'est pas possible qu'elle chante sa partie quoy qu'vniforme, si ce n'est qu'en variant elle face [sic] de certains tons dont on puisse remarquer les differences, & que cette veriété garde quelque sorte d'vniformité […]Ie donne donc la piece de musique dont i'ay parlé, afin de ioindre l'exemple au discours. (Fig. II, 1, 32, p45) . Or il n’y a voix si mauuaise qu’elle ne puisse chanter cette Taille; car si elle est entierement inflexible, elle ne peut manquer à tenir ferme; & si l’on a peur qu’elle ne tienne pas ferme, & qu’en haussant ou baissant elle fasse des Dissonances, l’on peut faire souuvent sonner vn tuyau d’Orgue pour la contraindre à tenir le mesme ton. L’on peut faire chanter le Dessus ou la Basse à la mesme voix, suiuant le ton qu’elle a: mais parce que la voix du Roy estoit propre pour le Tenor, Iosquin luy donna cette partie [.;]

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Voix, I, 35, p43-44

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[…] Certainement, cette speculation ne doit pas estre negligée à cause du [sic] rencontre lequel est semblable aux Consonances, comme aux aspects benins, & aux dissonances, comme aux aspects que l'on appelle mauuais. Mais il n'est nullement necessaire que le Musicien connoisse la proprieté des Planettes pour composer de bons chants: car l'on peut composer toutes sortes de pieces de musique sans connoistre les Planettes, qui n'ont point de particuliere influence sur la voix.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Voix, I, 7, p9

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[…] l'experience fait voir que du Caurroy, Claudin, Guedron, Boësset, Moulinié, &les autres compositeurs, ont fait de tres-bonnes pieces de musique, & de bons airs, quoy qu'ils n'ayent pas sceu l'Astrologie. Quant aux voix differentes des animaux, il faudrait faire de particulieres observations pour sçauoir combien la voix des vns est plus aiguë que celle des autres lors qu'ils sont en colere […] ou par leur voix naturelle, dont on paut remarquer les intervalles: par exemple, le coucou fait vne Tierce mineure en chantant, dont la premiere syllabe est plus aiguë que la seconde: & le muglement des vaches est composé de la dixieme majeure, dont la premiere partie est la plus grave et la seconde la plus aiguë.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Voix, I, 7, p9

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Je dy que la definition que i'ay mise dans cette proposition comprend tout ce qui appartient à l'essence du chant: premierement la deduction, ou conduite de la voix est le genre, car le chant a cela de commun auec les harangues, les discours & les paroles dont nous nous seruons en parlant les vns aux autres.
Secondement i'ay dit, ou les autres sons, parce qu'on peut jouer les Airs sur les Instrumens de musique Tiercement i'ay ajoûté, par de certains interualles naturels ou artificiels, ce qui fait que les chants sont differens d'auec les discours qui n'ont point d'interualles certains […]

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Voix, II, 1, p90

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[…] quelquesvns croient que si nous eleuions nos voix selon que requiert le discours que nous tenons, & que nous fissions tous les interualles necessaires pour persuader ce que nous disons, que nous ferions des merueilles; particulierement sî nous aioûtions les accens propres à cet effet, comme i'ay dit dans le traité de la musique Accentuelle.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Voix, II, 1, p90

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[…] il n'y a nul discours tellement reglé qu'il monte ou descende par tous les interualles des airs, A çauoir par tons, & demitons, &c. car il monte le plus souuent par des interualles insensibles, ou inconnus, quoy que l'on peut les difcerner fi l'on y prenoit garde: or tous les interualles des airs ou des chansons sont si bien reglez, qu'on ne manque iamais les faire en tous les lieux ou ils sont marquez; d'ou l'on a pris le prouerbe, cela est reglé comme vn papier de musique ce qui monstre que les Airs, & par consequent la musique, garde vn ordre beaucoup mieux réglé que les discours[…].

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Voix, II, 1, p91

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Ce qu'Euclide a reconnu & remarqué au commencement de son traité dela musique quand il dit que le discours se sert d'vne voix continuë, qui ne cesse & ne se repose point iufques ce que le discours soit acheué, & qui ne garde aucune régle certaine aux interualles en haussant ou baissant le son: mais le mouuement ou la deduction de la voix, ou du son qui fait les airs & les chansons, & qu'Euclide appelle Diastematique ou interuallaire, ne se conduit pas par des interualles continus, mais elle passe tantost d'vn ton vn diton, tantost de la Tierce à la Quarte, ou à la quinte, &c. & s'arreste quelquefois l'espace d'vn [p92], deux, trois ou quatre battemens du poux, selon les regles & les pauses de la musique, & selon la dignité du sujet.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Voix, II, 1, p91-92

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[…] la musique est vne imitation, ou representation, aussi bien que la Poësie, la Tragedie, ou la Peinture, comme i’ai dit ailleurs, car elle fait auec les sons, ou la voix articulee ce que le Poëte fait auec les vers, le Comedien auec les gestes, & le Peintre auec la lumire, l’ombre, & les couleurs: voyons maintenant la diuerfité des Airs, & des Chants, & particulierement ceux dont on vse en France, afin que le Musicien n'ignore rien de tout ce qui appartient l'Harmonie. Et apres nous verrons ce qui est necessaire pour faire de beaux Airs, & s'il est possible d'en faire vn qui soit le plus beau de tous ceux qui peuuent estre faits fur quelque sujet, ou fans sujet.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Voix, II, 2, 2, p93

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[…] les airs peuuent representer les diuers mouuemens de la mer, […], d'autant qu'on peut garder les mesmes raisons dans les interualles de la musique qui se rencontrent aux mouuemens de l'ame, du corps, des Elemens, & des cieux. De là vient que la musique sert plus la vie Morale, […] la musique est viuante, & transporte en quelque façon la vie, l'ame, l'esprit & l'affection du Chantre, ou du Musicien aux oreilles & dans l'ame des auditeurs.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Voix, II, 2, p92

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Ce qui a peut estre esté cause que l'Eglife des Iuifs, & des chrestiens […] s'est seruie de la musique afin de transporter les esprits des fideles iusques au ciel., & de faire vne heureuse alliance de nos coeurs & de nos voix auec la musique des Bien-heureux, car il est raisonnable que toutes les creatures se seruent d'un mesme concert pour chanter les louanges, & pour annoncer les grandeurs & les merueilles de leur Createur.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Voix, II, 2, p92

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On peut reduire toutes les sortes de chants à trois genres, à sçauoir à la Chanson, ou Vaudeuille, au Motet, ou à la Fantaisie, & toutes les especes de danceries; ou à douze sortes de compositions de musique, à sçauoir aux Motets, Chansons, Passemezzes Pauannes, . Gaillardes, Voltes, Courantes, Sarabandes, Canaries, Branles, & Balets, dont ie mets icy la definition ou la description, & l'origine auec vn exemple de chacune afin que tous les puissent comprendre tresaisément.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Voix, II, 23, p163

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[...] Cette grande facilité fait appeller les chansons Vaudeuilles parceque les moindres sont capables de les chanter, dautant que l’autheur n'y obserue pas ordinairement les curieuses recherches du contre-point figuré, des fugues & des syncopes, & se contente d'y. donner vn mouuement & vn air agreable à l'oreille; ce que l'on nomme du nom d'Air, comme de sa principale& presque seule partie: au lieu que le Motet ou la Fantaise est vne pleine musique figurée, & enrichie de toutes les subtilitez de cette science.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Voix, II, 23, p164

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On l’appelle [cette composition] Motet, parce que l'on vse d'vne période fort courte, comme s'il n'y auoit qu'vn mot à dire ce qui arriue quand on veut signifier quelque discours fort bref, lequel mot estant mis en musique s'appelle Motet. Et lors que, le Musicien prend la liberté d'y employer tout ce qui luy vient dans l'esprit sans y exprimer la passion d'aucune parole, cette composition est appelée Fantaisie, ou Recherche.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Voix, II, 23, p164

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Quant aux danceries, il y a plusieurs especes qui appartiennent à la musique Metrique dautant qu'elles sont sujettes à de certaines mesures, ou pieds reglez & contez: & l'on en peut inuenter vn nombre infiny selon les inuentions qui naissent tous les jours dans les esprits de ceux qui s'en meslent. I'expliqueray seulement dans cette proposition, & dans les deux autres qui suiuent celles qui nous sont connues, & qui sont particulières à la France, ou naturelles aux autres nations dont nous les auons tirées.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Voix, II, 23, p164

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Cette Proposition n’est pas inutile, car estant bien expliquée elle nous fera cognoistre la nature de l’homme, ou de la musique. Or il semble que l’on ne doit pas douter que les chansons gayes ne soient plus agreables que les tristes, puis que tous les hommes desirent de se resiouyr […].

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Voix, II, 26, p172

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[…] il faut remarquer que la musique separe en quelque maniere l'esprit du corps, & le met dans vn estat, où il est plus propre à la contemplation qu'à l'action, & consequemment que le Chant venant cesser il le trouue tout estonné de se voir priué du grand contentement qu'il receuoit dans I'estat d'abstraction, où la musique l'auoit transporté.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Voix, II, 26, p175

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[…] Il est bon d'auertir les Maistres de Chœur qui composent les motets, & les autres pièces de musique, dont la lettre est latine, que tout ce qu'ils feront chanter aura beaucoup plus de grâce s'ils obseruent les syllabes longues & briesves d'autant qu'ils rencontreront quasi toutes sortes de vers sans les chercher, dont Ephestion & les autres ont vsé; quoy qu'ils ne soient pas tellement obligez à faire toutes les longues & les bresues, qu'ils ne s'en puissent dispenser, comme ils font en la première syllabe briesue de chaque diction, en imitant la prononciation de la Prose, par exemple, on allonge la première syllabe de Dominus & de Deus& c.
Or ceux qui entendent le Latin receuront vn singulier plaisîr à la lecture des six liures que saint Augustin a fait de la musique, & verront; l'estat qu'il fait des mouuemens Rythmiques, comme il les trouue, & les remarque en toutes les choses du monde, […]
Ceux qui voudront apprendre les règles particulières qui seruent à faire des airs, & des chants propres pour eslever l'esprit à Dieu, les trouueront dans les liures de la Composition & de de l'art, ou de la Méthode de bien chanter.
F I N.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Voix, II, 27, 180

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Si nous voulons apporter quelques distinctions ou diuisions entre les chants, il semble que l'on peut accorder toutes les pensees des Musiciens sur cette difficulté: Car si nous disons que le son, contre lequel se peuuent chanter vne ou plusieurs parties qui facent [sic] des consonances & de l'harmonie, est vn chant, l'on peut tenir que le simple son qui tient ferme, & consequemment que les discours des Orateurs, & de ceux qui font des interualles sensibles, comme les Italiens, & quelques Predicateurs qui chantent en parlant, peuuent estre nommez chants, lorsqu'on peut faire quelque partie de musique contre lesdits sons, ou discours.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Voix, II, 3 p94

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Plusieurs tiennent que chaque partie de musique est vn Chant, & neanmoins il y a des parties qui tiennent tous- iours ferme sur vn mesme ton, sans hausser ou baisser comme il arriue quelquefois à la Taille: & entre les Chants dont on vse pour chanter les Psalmes dans les Eglises Catholiques l'vne des intonations ne se sert point d'interualles: quoy que personne ne die que l'on ne chante pas quand on vse de ce ton.

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Voix, II, 3, p93

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Il faut neantmoins auoüer que l'on peut trouuer des regles si certaines, que l'on ne manquera iamais faire de bons chants sur toutes sortes de sujets, pourueu que l'on entende la lettre; car si le Musicien François qui n'entend que sa langue vouloit mettre de l'Espagnol ou de l'Italien en musique, il ne pourroit pas accommoder la note à la lettre. I'auoüe qu'il est difficile de trouuer & de pratiquer les regles dont nous parlons dautant qu'elles requierent vne parfaite connoissance de la nature des sons, & de leurs interualles […]

Mersenne, Harmonie universelle contenant la pratique et la théorie d, 1636, Voix, II, 5, p98

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