dévaler
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L’Eschelle est vne constitution de plusieurs lignes & espaces esgalement produits, contenant en soy certains ordres de clefs, & de deductions de voix ordonnées selon trois diuers chants. Et est dicte eschelle par similitude : Car tout ainsi qu’en vne eschelle on peut monter, & deualer de degrés en degrés haut, ou bas selon qu’on veult, aussi de clef en clef, on peut co[m]modement par icelle esleuer, ou abaisser sa voix à son plaisir.
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Icelle [l’eschelle] est principaleme[n]t diuisée en deux, sçauoir est en ordres de clefs, & deductions de voix. Et pour autant qu’on ne peut bonnement auoir l’intelligence des clefs (lesquelles sont co[m]posées principaleme[n]t de voix) ne des deductions de voix, sans premierement entendre que c’est que voix. Il sera bon, auant que passer outre, icelles briesuement declairer. Icy donc nous appelons voix, vn son par lequel la vertu des clefs est exprimée, & sont six en tout demonstrées par six sylabes, vt, re, mi, fa, sol, la : Dont les trois premieres (à sçauoir vt, re, mi) sont propres à monter, & trois autres (à sçauoir la, sol, fa) sont propres à deualer. Et pour ce que d’icelles les vnes profere[n]t vn son doux, les autres dur (à l’esgard des douces) les autres mediocres. Aucunes sont appellées Douces : vt, fa, Mediocres ou Naturelles : re, sol, Dures : mi, la.
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Entre lesquelles [clefs] faut noter qu’il y en a trois pri[n]cipales signifiées par certai[n] characteres, touiours situés en lignes : par lesquels on peut cognoistre la situation de toutes les autres : Dont l’une est f fa vt du moyen ordre, demo[n]strée par tel charactere (a). L’autre de c sol fa vt du mesme ordre demo[n]strée par tel (b) La troisisme est gg sol re vt du haut ordre demonstrée par tel (c) Et ne sont iamais autre part situées q[ue] co[m]me l’o[n] les voit en l’eschelle. Reigle. S’il aduient aucunesfois qu’il faille mo[n]ter pl[us] haut, ou deualer plus bas, outres les trois ordres de clefs, alors faudra vsurper les voix des octaues.
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Il est donc à sçauoir que ton n’est autre chose qu’une distance d’une voix à vne autre par vne seco[n]de parfaitte : laquelle se fait d’une ferme, & non fainte esleuation, ou abaissement de voix : Co[m]me d’vt iusques à re, de re à mi en montant, ou de mi à re, de re à vt en deuallant. Demi ton est vne distance d’une voix à vne autre p[ar] vne seco[n]de imp[ar]faitte, laquelle se fait d’une molle & fainte esleuation, ou abaisseme[n]t de voix de mi à fa, ou de fa à mi, ou bien de la à fa en montant, & de fa à la en descendant quand il ne faut monter que d’un degré par dessus les six voix. Et il ne faut entendre iceluy estre appellé demi ton, co[m]me n’estant que la moitié d’un ton : Car vn ton (Co[m]me dit Macrobe en son second liure Chap. j. sur le songe de Sçipion) selon sa nature ne peut estre diuisé en deux : & pourta[n]t il est dit improprement demi ton pour ce qu’il ne se profere du tout si parfaitement qu’un ton.
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Des muances. Estant exercé à bien entonner ces six voix, faudra apres sçauoir deualler plus bas, ou mo[n]ter plus haut que icelles : ce qu'on ne peult bonnement faire sa[n]s muance. Pour donc ce mieux ente[n]dre, & pouuoir faire, fault sçauoir que c'est que muance, et co[m]me elle se fait.
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Muance (comme disent plusieurs) est vn cha[n]gement d’vne voix pour vne autre en vne mesme clef, pour monter ou deualler d’une deduction en autre, & pourtant elle se fait tant en montant, qu’en deuallant. Pour monter il conuient pre[n]dre re, & pour deualler la, & combien qu’il y aye quelque raison p[our] laquelle on deburoit prendre vt pour monter, aussi bien que la pour deualler : Toutefois puisque l’usage est ainsi receu par tout, ie ne veux pas m’ingerer à rien co[n]tredire en c’est endroit.
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Au surplus il fauldra bien regarder quel re, ou quel la, on prendra : Car il fauldra considerer diligemment la deduction en laquelle nous montons, ou deuallons, & prendre le re, ou le la, qui sera du chant de celle en laquelle nous passons : comme si nous mo[n]tons de la deduction de nature en celle de ♮ dur, no[us] ne prendro[n]s le re de G g gg sol re vt, qui est du chant de ♭ mol : mais passans outre, pre[n]drons celuy d'A a aalamire, qui se cha[n]te par ♮ dur : qui est le cha[n]t de la deduction en laquelle nous mo[n]tons. Et pareillement si nous deuallons de la deduction de nature en celle de ♭ mol nous ne pre[n]drons le la d'E e eelami, qui se chante par ♮ dur, mais celuy de D d ddlasolre, qui se chante par ♭ mol qui est le chant de la deduction en laquelle nous deuallons. Et semblablement pour passer de toute deduction en autre, & pour ce commodement faire, faut noter les trois reigles suyuantes.
